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Immigration · Régularisation · Belgique · 2025

Régulariser sa situation en Belgique

Art. 9bis (humanitaire) & Art. 9ter (médical) — Loi du 15 décembre 1980

La régularisation de séjour en Belgique repose principalement sur deux dispositions de la loi du 15 décembre 1980 : l'article 9bis (régularisation pour circonstances exceptionnelles) et l'article 9ter (régularisation pour raisons médicales). Ces procédures sont discrétionnaires — l'administration apprécie souverainement chaque dossier.

Calendrier estimatif

Préparation dossier
4–12 sem.
Documents + rédaction
Dépôt à l'OE
J+0
Accusé réception
Attestation d'immatriculation
J+0 à J+30
Commune
Examen OE
6–36 mois
Délai variable
Décision
Variable
Octroi ou refus
Recours CCE si refus
30 jours
Délai de rigueur

01Les étapes détaillées

01
Préalable essentiel

Comprendre la nature discrétionnaire des procédures de régularisation

L'article 9bis de la loi du 15 décembre 1980 dispose que l'étranger peut introduire une demande d'autorisation de séjour auprès du ministre ou de son délégué dans des circonstances exceptionnelles. La jurisprudence du CCE a progressivement précisé les éléments de fait et de droit qui doivent être pris en compte : durée de séjour, degré d'intégration, situation familiale, liens avec la Belgique, état de santé.

02
Dépôt possible à tout moment

Article 9bis — Régularisation humanitaire : conditions et pratique

Les éléments favorables reconnus par le CCE incluent : (1) DURÉE DE SÉJOUR : généralement supérieur à 5 ans, continu. (2) INTÉGRATION SOCIO-ÉCONOMIQUE : emploi, formation professionnelle, bénévolat, maîtrise d'une langue nationale. (3) SITUATION FAMILIALE : enfants nés ou scolarisés en Belgique (élément très favorable). (4) ABSENCE DE CASIER JUDICIAIRE. (5) LIEN AVEC LE PAYS D'ORIGINE : l'absence de lien réel peut renforcer le dossier.

Document d'identité valide (condition légale absolue — sans ce document, la demande est irrecevable)
Preuve de la durée de séjour : cachets de passeport, relevés de scolarité, attestations de résidence, relevés de soins, contrats de bail anciens
Preuves d'intégration : contrats de travail, diplômes obtenus en Belgique, attestations d'associations
Documents relatifs à la situation familiale : actes de naissance d'enfants nés en Belgique, attestations scolaires
Extrait de casier judiciaire belge (disponible via la commune — Modèle 1 ou 2 selon usage)
Lettre de motivation développée (minimum 3 pages) exposant les circonstances exceptionnelles — pièce centrale du dossier
La lettre de motivation n'est pas une simple narration autobiographique. Elle doit structurer juridiquement les circonstances exceptionnelles en les rapportant aux critères dégagés par la jurisprudence CCE.
03
Dépôt possible à tout moment

Article 9ter — Régularisation médicale : conditions strictes

L'article 9ter permet la régularisation d'un étranger atteint d'une maladie grave pour laquelle il n'existe aucun traitement adéquat accessible dans son pays d'origine. TROIS CONDITIONS CUMULATIVES : (1) une maladie grave mettant en danger la vie ou l'intégrité physique ; (2) l'indisponibilité effective du traitement dans le pays d'origine ; (3) le risque réel que le retour entraîne une dégradation grave et irréversible.

Rapport médical confidentiel établi par un médecin agréé par l'OE — adressé directement au médecin conseil de l'OE
Le rapport doit préciser : diagnostic, traitement en cours, pronostic sans traitement, et attestation que le traitement n'est pas disponible dans le pays d'origine
Ordonnances médicales récentes prouvant la réalité du traitement en cours en Belgique
Document d'identité valide du demandeur
CONFIDENTIALITÉ MÉDICALE : le rapport du médecin agréé est transmis DIRECTEMENT au médecin conseil de l'OE — jamais à l'agent traitant. Ce mécanisme protège la vie privée du demandeur.
L'inaccessibilité financière du traitement est généralement insuffisante depuis l'arrêt Paposhvili — il faut prouver l'indisponibilité structurelle du traitement.
04
J+0 à J+30

La procédure de dépôt et l'attestation d'immatriculation

La demande est déposée à l'Office des Étrangers, soit directement, soit via la commune de résidence. L'OE délivre un accusé de réception numéroté — conservez-le impérativement. Après examen de la recevabilité, la commune délivre une attestation d'immatriculation (AI ou "Annexe 26") qui protège le demandeur contre l'éloignement forcé pendant la procédure.

Demande en double exemplaire (un original + une copie) — garder une copie signée avec cachet de réception
Bordereau récapitulatif des pièces jointes numérotées
Conserver TOUJOURS une copie complète et numérotée du dossier déposé. En cas de perte par l'OE, vous devrez reconstituer le dossier.
05
6 mois à 5 ans

La décision de l'Office des Étrangers

OCTROI : l'OE notifie une décision d'autorisation de séjour. La commune établit une carte de séjour (titre A ou B). REFUS : le demandeur dispose de 30 jours pour introduire un recours en annulation devant le CCE. En cas de menace d'éloignement, un recours en suspension d'extrême urgence peut être introduit dans les heures qui suivent.

06
30 jours depuis notification du refus

Le recours en annulation devant le CCE

Le CCE examine la légalité de la décision de refus : compétence de l'auteur, respect des formes, violation de la loi, excès de pouvoir, erreur manifeste d'appréciation. Si le CCE annule la décision, le dossier est renvoyé à l'OE pour réexamen.

Requête en annulation (via e-box CCE) dans les 30 jours
Redevance CCE (186 € — 2025)
Tous les documents du dossier initial + décision de refus + note de plaidoirie
Si un Ordre de Quitter le Territoire (OQT) accompagne le refus, introduire SIMULTANÉMENT une demande de suspension d'extrême urgence. L'OQT peut être exécuté à partir du lendemain de sa notification.

Coûts & honoraires

PosteMontant
Analyse du dossier et évaluation éligibilité (Lexlau)175 €/h
Constitution du dossier 9bis ou 9ter complet1 500–3 500 €
Rédaction de la lettre de motivation (pièce centrale)Inclus
Suivi de la procédure (renouvellements AI)500–1 000 €/an
Recours CCE en annulation si refus1 500–3 000 €
Redevance CCE (2025)186 €
Recours en suspension extrême urgence (OQT)Sur devis urgent

* Estimations indicatives. HTVA.

Pièges à éviter

Déposer sans document d'identité valide
L'article 9bis impose expressément un document d'identité valide comme condition de recevabilité. Sans ce document, la demande est irrecevable d'office.
Confondre 9bis avec une procédure d'asile
L'article 9bis ne peut pas être utilisé pour faire valoir une persécution (compétence exclusive du CGRA). Utiliser le mauvais fondement juridique est une erreur fatale.
Sous-estimer la lettre de motivation
La jurisprudence CCE est explicite : une lettre de motivation générique est insuffisante. Elle doit être rédigée par un avocat spécialisé et structurée juridiquement.
Ne pas maintenir l'attestation d'immatriculation à jour
L'AI doit être renouvelée à la commune avant son expiration. Un AI périmé fragilise le séjour toléré et peut donner lieu à une mesure d'éloignement.
Ignorer l'OQT joint au refus
Un Ordre de Quitter le Territoire accompagnant un refus 9bis est exécutoire. Ne pas réagir immédiatement expose à un éloignement forcé.
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